Commission scolaire de Montréal

Préserver l’intégralité du territoire de la CSDM

25 novembre, 2014

Le ministre M. Yves Bolduc a présenté un projet de nouvelle carte scolaire pour la Commission scolaire de Montréal. Les quartiers suivants migreraient de la CSDM vers la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) :

  • Ahuntsic – Cartierville
  • Côte-des-Neiges
  • Notre-Dame-de-Grâce
  • Sud-Ouest
  • Westmount

Ce scénario signifie la perte de 30 % de nos élèves dans 66 écoles.

Où sont les économies ?

À ce jour, le ministre n’a pas démontré que le redécoupage du territoire de la CSDM se traduirait par des réductions de dépenses.

Au contraire, ce projet comprendra des coûts importants, puisqu’il faudra notamment transférer des équipements, des ressources humaines et matérielles. Ce transfert s’étalerait sur plusieurs années. Une période de transition où l’énergie serait mise sur la structure plutôt que la réussite des élèves.

Avec ce projet, la CSDM subirait une pression accrue sur son budget, car la concentration des écoles spécialisées à mandat régional ou suprarégional dans ce petit territoire rendrait la situation financière de la CSDM catastrophique. Retenons que pour le contribuable montréalais : aucune diminution de la taxe scolaire n’est proposée.
Grossir la commission scolaire voisine pour appauvrir l’autre ? Quelle est la valeur ajoutée pour les élèves ? Deviendra-t-elle plus efficiente ? Aucun rapport ou recherche n’a démontré qu’une annexion de 66 écoles serait bénéfique pour la réussite des élèves et pour la gestion de la CSDM.

Où sont les services aux élèves ?
Ce scénario fragiliserait les services aux élèves pour l’ensemble de la CSDM :

  • La perte de l’expertise pédagogique. Par exemple : en éducation internationale, en douance, en francisation, en éducation des adultes et en formation professionnelle.
  • Les services fragilisés auprès des élèves HDAA. Le redécoupage prévoit la perte d’écoles spécialisées. Des classes entières d’élèves avec des difficultés graves d’apprentissage, des déficiences langagières sévères et des troubles du spectre de l’autisme feraient partie des élèves touchées par le redécoupage.
  • Les élèves subiraient les contrecoups de cette instabilité et leurs chances de réussite s’amoindriraient étant donné que les équipes-écoles devraient se réorganiser pour plusieurs années.
  • La mobilité des élèves serait limitée. Par exemple : un élève du quartier Villeray peut aujourd’hui fréquenter l’École internationale de Montréal pour son programme particulier ou l’école Saint-Luc pour avoir accès à son ensemble de jazz. L’admission dans les écoles transférées serait compromise si elles ne font plus partie du territoire de la CSDM.

Où est l’équité ?
Depuis 168 ans, la CSDM contribue à l’éducation au Québec. Elle conclut de multiples ententes avec des partenaires, dont la Ville de Montréal, les gens des affaires et le milieu communautaire.

Le transfert de 30 % de nos élèves à la CSMB aurait pour impact d’accentuer la proportion d’élèves de la CSDM provenant de milieux défavorisés. Les élèves les plus démunis seraient les premiers touchés par ce projet. L’effet direct serait une augmentation des inégalités. Ce projet mettrait en péril les fondements mêmes de l’école publique qui repose sur l’égalité des chances pour tous.

Avec son territoire amoindri, la CSDM serait isolée avec une clientèle plus défavorisée tandis que les écoles transférées sont en grande partie des écoles avec des élèves réguliers. Veut-on accentuer les disparités entre deux commissions scolaires voisines ? Par exemple, les besoins des élèves du Sud-Ouest, en milieu urbain, sont-ils les mêmes que ceux de Pointe-Claire ?

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons au projet du ministre Bolduc.