Commission scolaire de Montréal

Capsule historique : l’utilisation de la radio et des techniques audiovisuelles dans l’enseignement 1930-1970

21 mars, 2018

La Radio (1930-1963)

En 1919, Montréal est l’une des premières villes au monde avec une station radiophonique diffusant des émissions : XWA, qui devient l’année suivante, la station CFCF (Montréal).

En 1922, le journal La Presse lance CKAC, la première station de radio francophone des Amériques. C’est la station CKAC qui diffuse la majorité des émissions produites par la CECM (CSDM) entre 1930 et 1963.

Augustin Frigon (1888-1952)

En 1930, le commissaire Augustin Frigon propose de faire installer les infrastructures radiophoniques dans les écoles de la Commission. Il est un ardent défenseur de la radio éducative.

Augustin Frigon consacre la plus grande partie de sa vie au développement de la radio au Québec et au Canada. Il est diplômé de l’école Le Plateau (CECM).  Il est commissaire scolaire à Montréal de 1929 à 1935. En 1928, M. Frigon est nommé membre de la Commission royale sur la radiodiffusion canadienne. En 1936, il est nommé directeur de la Société Radio-Canada.

L’Émission « Les demi-heures radiophoniques de la CECM » 1931-1932.

Les seize émissions produites par la Commission sont diffusées à CKAC en 1931 et en 1932. Les sujets des conférences portent sur l’histoire, la géographie et l’enseignement du français. Marguerite Taillefer de l’école Saint-Marc parle de « L’éducation nationale chez les petits enfants » et Jean-Marie Laurence (1906-1986) de l’école Le Plateau et futur grammairien, sensibilise les élèves à l’importance de la langue française.

Les émissions débutent avec un programme musical. Un étudiant de l’école Le Plateau, le pianiste Marcel Hébert (prix d’Europe 1938) débute avec des œuvres classiques comme Frédéric Chopin ou Franz Liszt.  La chorale de l’Alliance catholique des professeurs de Montréal participe également aux émissions.

Des émissions radiophoniques destinées aux parents (1940-1955)

De 1940 à 1955, la CECM utilise la radio pour diffuser de l’information scolaire aux parents. Ces derniers sont renseignés sur le rôle des enseignantes et des enseignants dans la formation de leurs enfants.

La radio éducative et l’enseignement du français 1955-1963

Avec l’émission « Améliorons notre langue parlée », la Commission diffuse directement dans les classes pour l’enseignement de la phonétique et de la grammaire française. Des émissions éducatives sont présentées par des enseignantes et des enseignants de français comme   Huguette Lavigne, Lucien Désautels ou Sœur Clément-Marie.

Le cinéma (1940)

En 1939, la Commission adopte son premier programme d’études par le cinéma. Les films projetés sont des courts documentaires sur l’histoire, la géographie et l’enseignement du français. Toutes les écoles reçoivent des projecteurs cinématographiques. Des projecteurs Delineascope sont également achetés pour la projection des plaques de verre et des films fixes.

En 1940, l’enseignement par le cinéma est généralisé dans les écoles de la Commission. C’est 120,000 élèves montréalais répartis dans 250 écoles qui peuvent en bénéficier.

Les appareils audiovisuels. La technologie au service de l’enseignement 1960-1970

À partir de 1960, la Commission achète pour les écoles de nouveaux équipements audiovisuels afin de mieux répondre à l’évolution technologique : des projecteurs à diapositives ou à films fixes, des épiscopes, des rétroprojecteurs, des projecteurs pour films 8 millimètres en boucle, des magnétophones, des électrophones, des projecteurs pour films 16 millimètres, des caméras et des postes de télévision (Bureau de la Radio et de la Télévision scolaire).

Le « Bureau des techniques audio-visuelles » donne des stages et de la formation aux enseignantes et aux enseignants. Les formations comprennent un enseignement théorique (pédagogie, méthodologie), un enseignement technique (manipulation) et pratique (réalisation de documents).

Vers 1966-1967, un premier laboratoire de langues est aménagé à l’école Évangéline. Ce laboratoire comprend une console (table de commande) et trente-cinq postes d’élèves. Les cabines sont munies d’écouteurs et de microphones.

En 1966, un réseau de télévision en circuit fermé est inauguré à l’école La Dauversière. Le studio comprend des projecteurs, trois caméras de télévision, un magnétoscope et une régie centrale.

Le tableau de feutre est considéré en 1966 comme un nouveau moyen d’enseignement.  C’est un tableau complètement manuel avec des figurines en papier adhérentes au feutre. Un document de 1966 du Service des études de la CECM (CSDM) mentionne que : « Le tableau de feutre concentre sur lui l’attention de toute une classe.  Mieux que le tableau noir, il fait naître l’imprévu et dégage le professeur de l’improvisation graphique ».