Commission scolaire de Montréal

Capsule historique : les géantes oubliées de l’éducation

17 novembre, 2017

Depuis un siècle, la Commission scolaire de Montréal est un lieu de pouvoir important pour les femmes, que ce soit comme institutrices (enseignantes), professionnelles ou directrices d’écoles.

Avec quelques exemples de femmes remarquables, et un peu oubliées, cette capsule souhaite rendre hommage aux milliers de femmes qui ont donné des services éducatifs de qualité aux élèves de Montréal.

Le 19e siècle : Les pionnières de l’enseignement à Montréal

Au milieu du 19e siècle, Montréal est en pleine croissance économique c’est le début de la révolution industrielle au Canada.

En 1847, la ville de Montréal est touchée par une épidémie de typhus qui décime une partie de la population immigrante irlandaise. De 1873 à 1879, une grave crise économique mondiale sans précédent affecte toute la population de Montréal.

C’est dans ce contexte économique et social que les premières institutrices de la commission scolaire enseignent aux enfants montréalais. C’est dans des logements ou des petites maisons que les institutrices (comme on les appelait à l’époque) enseignent les matières de bases comme l’orthographe, le calcul et l’histoire sainte.

Ce sont de très jeunes femmes, elles commencent leur carrière à l’âge de 18 ans. Elles sont responsables du paiement du loyer, du ménage de la classe ainsi que de l’achat du bois ou du charbon.

Angélique Dubord

La première mention d’Angélique Dubord dans les archives de la commission scolaire date de 1847, elle enseigne à 42 filles et 8 garçons pour un salaire de 22 louis (livres) annuellement. En 1850, Angélique enseigne à 24 garçons et 48 filles, elle a un salaire de 30 louis (livres) pour l’année scolaire 1850-1851.

Le bottin John Lovell de 1848 fait mention de l’école d’Angélique située à l’angle des rues Sanguinet et Sainte-Catherine. En 1858, son école est située sur la rue Montcalm. Angélique quitte la commission scolaire en 1860.

Sophie Godaire

Sophie Godaire est née en 1828. Elle commence sa carrière à l’âge de 18 ans. En 1847, elle enseigne à 47 filles. Son école est sur la rue Bonaventure. Sophie quitte en 1865 la profession d’enseignante pour se marier.

Gibeau Caroline

Caroline Gibeau est née en 1833. Elle entame sa carrière à l’âge de 18 ans en 1851. Elle enseigne à la CECM de 1851 à 1877. Son école est située sur la rue Beaudry et plus tard sur la rue Panet au « Faubourg Québec », dans l’actuel quartier Sainte-Marie. Caroline quitte la commission en 1878 pour aider ses parents vieillissants et malades. Les commissaires l’aideront financièrement pour « placer » ses parents à l’hospice des Sœurs de la Providence à Laprairie.

Rose (Rosine) Poitras

Rose ou Rosine Poitras débute sa carrière en 1851, elle enseigne à 13 garçons et 65 filles. Son école est située sur la rue Sainte-Julie. Rose enseigne jusqu’en1868.

Le 20e siècle : de l’artiste du dessin à une sous-ministre de L’Éducation

Au recensement de 1901, Montréal compte 267,730 habitants. Elle est la métropole du Canada et l’une des économies les plus florissantes de l’Amérique du Nord. Pour l’année 1914-1915, la commission scolaire compte 29 256 élèves inscrits dans 63 écoles. Des écoles de cette époque sont encore en fonction un siècle plus tard. Il faut mentionner le centre Gédéon-Ouimet, l’école Garneau, l’école Paul-Bruchési ou l’école Louis-Hyppolite-Lafontaine qui célèbre son centenaire en 2017-2018.

Irène Senécal (1901-1978) artiste et pionnière de l’enseignement du dessin à la CECM

Vers 1909, l’enseignement du dessin est donné de façon régulière dans quelques écoles de la commission. En 1922, vingt-cinq diplômés (hommes et femmes) de l’École des beaux-arts sont recrutés par la CECM.

Irène Senécal est née à Montréal en 1901. Elle enseigne le dessin de 1929 à 1953 pour la CECM. Elle connaît une belle carrière artistique. Madame Senécal est reconnue comme une pionnière de l’enseignement du dessin et surtout pour la mise en œuvre des nouveaux programmes en arts plastiques.

Hélène Grenier (1900- 1992) bibliothécaire

Hélène Grenier est née à Québec le 25 juillet 1900. Elle fait ses études à l’Université McGill et à l’Université de Montréal. De 1931 à 1961, elle occupe des postes de directions aux bibliothèques de la commission scolaire. De 1952 à 1961, elle dirige les bibliothèques scolaires de la CECM. En 1961, elle prend sa retraite. La même année, madame Grenier est nommée Commandeure de l’Ordre du mérite scolaire. En 1989, elle est nommée officière de l’Ordre national du Québec.

Cécile G. Grenier (1907-2003) Enseignante en éducation physique

Cécile G. Grenier est née le 12 juin 1907 à Montréal. Elle est diplômée de l’école normale de Nicolet en 1925. Deux années plus tard, elle débute comme enseignante au secteur primaire. En 1937, la CECM lui confie le poste d’assistante directrice à l’éducation physique pour les filles. De 1937 à 1971, elle est responsable de la formation du personnel enseignant en éducation physique pour la CECM.

Thérèse Baron (1920-2006) enseignante, directrice d’école et sous-ministre de l’Éducation

Née à le 11 novembre 1920 à Montréal. Elle termine ses études en pédagogie à l’Université de Montréal. En 1942, elle commence sa carrière à l’école Cherrier. De 1954 à 1957, elle est directrice de l’école Sainte-Thérèse-de-l’Enfant Jésus. De 1957 à 1964, elle est directrice de l’école Marie-Médiatrice. De 1964 à 1967, elle est directrice de l’école Iberville. En 1967, elle est nommée sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation. Madame Baron occupera le poste de sous-ministre adjointe jusqu’en 1980.