Commission scolaire de Montréal

Anglais intensif : « montréaliser » la mesure

11 mars, 2013

Enjeux et questionnements

La maîtrise du français

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a l’obligation d’assurer la maîtrise du français chez tous ses élèves. En ce sens dans certains milieux, un programme de « français intensif » serait de rigueur. L’implantation de « l’anglais intensif » dans toutes les écoles de la CSDM ne répond visiblement pas à la réalité montréalaise.

Le soutien aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA)

Afin de permettre et de faciliter la poursuite des études et d’augmenter la persévérance scolaire, la deuxième priorité du plan Réussir vise l’amélioration de l’offre de soutien adapté aux élèves présentant des besoins particuliers. Or, l’implantation de « l’anglais intensif » pose de sérieuses questions quant au soutien qui serait offert à nos élèves HDAA. En ce sens, la CSDM réaffirme la position montréalaise qu’elle a exprimée quant aux besoins pour soutenir adéquatement les élèves HDAA.

La réussite des élèves

Le passage des élèves du primaire au secondaire préoccupe la CSDM, notamment au regard de la continuité de l’offre pédagogique en anglais au secondaire et de la qualité des apprentissages des élèves de 6e année dans les autres matières. En ce sens, l’implantation de « l’anglais intensif » ne doit pas être un frein à l’apprentissage des matières de base et des matières optionnelles et doit tenir compte des différents besoins des élèves de la CSDM.

Autrement dit, l’implantation de « l’anglais intensif » doit pouvoir s’arrimer aux efforts entrepris par la CSDM afin de promouvoir la persévérance scolaire et la lutte contre le décrochage scolaire.

Des modèles pédagogiques flexibles et diversifiés

La CSDM approuve le principe de « l’anglais intensif » dans des modèles pédagogiques flexibles et diversifiés. Déjà, à la CSDM, différents modèles d’apprentissage intensif de l’anglais existent, et leur mode de fonctionnement, tout comme leur mode de sélection des élèves, est variable. L’implantation de « l’anglais intensif » selon un modèle unique pose des questions quant à la possibilité pour les milieux, les équipes-écoles et les parents de choisir leur mode de fonctionnement.

Par ailleurs, l’implantation de « l’anglais intensif » pose des défis à la CSDM quant aux modalités d’intégration au sein des écoles à vocation particulière ou des écoles spécialisées. Par exemple, comment conjuguer « l’anglais intensif » avec une école qui offre déjà un programme de concentration musicale?

Prendre en compte le milieu montréalais

La maîtrise du français : une priorité

En 2009, en plus de s’être dotée de la Politique culturelle et linguistique , la CSDM a adopté le plan Réussir, dont l’une des deux priorités est l’amélioration de la réussite des élèves par la maîtrise du français.

En effet, la maîtrise du français est au cœur d’un apprentissage réussi et son atteinte, un défi quotidien pour le milieu scolaire montréalais en raison de la grande diversité des élèves. D’ailleurs, selon une enquête portant sur le soutien pédagogique effectuée auprès du personnel de la CSDM, pour 3500 enseignants de la CSDM, enseigner le français demeure difficile.

Par ailleurs, la Politique culturelle et linguistique de la CSDM vient appuyer ces efforts visant à améliorer la réussite des élèves.

Des chiffres importants :

  • 110 000 élèves nés dans 186 pays parlant 158 langues maternelles
  • 52 % des élèves ont une langue maternelle autre que le français
  • Plus de 4000 élèves en classes d’accueil réparties dans 89 écoles primaires et 14 secondaires.
  • Plus de 4500 adultes en francisation.

Rappelons également que les élèves de la CSDM ont obtenu le plus haut taux de réussite de la province à l’examen d’anglais du ministère en juin 2009. La moyenne de la CSDM s’élève à 82,8 %, pour un taux de réussite de 94,2 %.

La maîtrise de l’anglais : une volonté

Bien que des cours d’anglais soient inclus au programme dès la première année du primaire et que des écoles primaires de la CSDM offrent déjà des cours intensifs d’anglais au troisième cycle, plusieurs parents veulent que leur enfant maîtrise davantage l’anglais. Il s’agit d’une demande légitime compte tenu du contexte économique mondial, où l’anglais prédomine.