Commission scolaire de Montréal

Action commune pour un programme universel d’alimentation scolaire gratuite, saine, locale et durable

20 septembre, 2018

En haut, de gauche à droite : Thibaud Liné, directeur de la Cantine pour tous ; Jean-Philippe Vermette, directeur conseiller stratégique du Carrefour alimentaire Centre-Sud et initiateur de l’Action ; Daniel Rotman, directeur de Le Dépôt et initiateur de l’Action
En bas, de gauche à droite : Vanessa Girard Tremblay, coordonnatrice des programmes en sécurité alimentaire à Partageons l’espoir ; Marianne Viau, gérante du programme d’agriculture urbaine au Santropol Roulant ; Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal

À l’initiative d’un collectif d’organismes communautaires auquel s’est jointe la Commission scolaire de Montréal (CSDM), tous les élèves de dix écoles publiques de l’Île de Montréal se sont vu offrir un dîner gratuit et santé aujourd’hui. Cette action commune vise à sensibiliser les partis provinciaux à la nécessité d’instaurer une mesure universelle garantissant à chaque élève, l’accès à l’agriculture durable.

En tout, ce sont 3670 élèves du primaire et du secondaire qui ont reçu un repas gratuit, que ce soit par l’entremise des services alimentaires de la CSDM qui privilégient déjà largement les fournisseurs locaux dans leur offre, ou par celle d’une dizaine d’organismes montréalais alimentés par des fermes locales investies dans l’agriculture durable.

Vous croyez qu’une telle mesure est une utopie? Le Québec est l’une des seules juridictions du G7 à ne pas offrir de programme universel de repas scolaires1. De plus, selon l’UNICEF, le Canada est classé 37e sur 41 pays du point de vue de l’accès des enfants à une alimentation saine2. Le collectif et la CSDM suscitent l’engagement de chaque parti politique pour répondre à ce besoin.

« Nous n’avons pas à réinventer la roue. Il existe déjà une abondance d’expertise et d’approches au sein des organismes qui offrent aujourd’hui des repas scolaires complets, sains et locaux issus de pratiques agricoles durables », souligne Jean-Philippe Vermette, directeur du Carrefour alimentaire Centre-Sud. « Dans les organismes engagés en faveur de la sécurité alimentaire, nous savons à quel point il est important de fournir des aliments nourrissants aux enfants et d’encourager dès le plus jeune âge le développement d’habitudes alimentaires saines, le tout avec l’implication des parents et des enfants », rajoute Vanessa Girard Tremblay, coordonnatrice des programmes en sécurité alimentaire, Partageons l’espoir.

Les programmes universels de repas scolaires jouent un rôle essentiel dans la santé, le bien-être et la performance académique des enfants3,4. Mais ce n’est pas tout : ils viennent également appuyer la création de systèmes alimentaires locaux durables – de la terre à l’assiette5. Il est temps d’investir dans notre futur.

Un programme de repas scolaires sains issus d’une agriculture locale durable contribuera en tous points à répondre aux principales préoccupations des Québécoises et des Québécois. Que cela soit pour ses bénéfices sur la santé, l’éducation, l’environnement ou l’économie, un tel programme, déployé à l’échelle de la province, améliorera la vie et la qualité d’apprentissage de plusieurs centaines de milliers d’enfants. Il entraînera en outre d’importants bénéfices sociaux et physiques à long terme, tout en stimulant la création et la consolidation d’emplois dans un circuit d’économie solidaire et durable.

L’alimentation scolaire, c’est bien plus qu’un simple repas fourni aux élèves. Le programme universel de repas scolaires envisagé représente plutôt un engagement à respecter les meilleures pratiques, telles que reconnues par les experts en alimentation et en éducation – des pratiques tenant compte de la diversité culturelle des enfants, favorisant les aliments produits de manière responsable et offrant aux parents et aux enfants la possibilité de faire leurs propres choix.

« En tant que commission scolaire montréalaise, nous sommes fortement préoccupés par le manque d’équité et la stigmatisation associée à la sécurité alimentaire de nos élèves défavorisés. C’est pourquoi nous avons adopté une résolution demandant une mesure universelle de repas gratuits dans nos écoles en mai dernier. Des repas gratuits sont déjà offerts dans certains quartiers, mais les élèves défavorisés situés dans les quartiers favorisés n’ont pas accès à ces repas », explique Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Organismes participants :

1 The Coalition Healthy School Food. http://healthyschoolfood.ca

2 UNICEF, “Building the Future: Children and the Sustainable Development Goals in Rich Countries” https://www.unicef-irc.org/publications/890-building-the-future-children-and-the-sustainable-development-goals-in-rich-countries.html

3 Jyoti DF, Frongillo EA, Jones SJ. Food insecurity affects school children’s academic performance, weight gain, and social skills. J Nutr. 2005;135:2831–9.

4 Kirk, Sara FL and Amberley T. Ruetz. (2018, August 28). How to make a national school food program happen. The Conversation. https://theconversation.com/

5 Un programme universel de repas scolaires permettrait d’injecter 160 millions de dollars dans l’agriculture durable de proximité (calcul basé sur un cout de 1,75$ par enfant et par jour de classe)